La Misère des Niches

par chibougue

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Inscription : 12 juin 2017, 13:42

12 avr. 2018, 15:36

''Que faire si la société n'accorde pas, ou peu, de valeur à la musique? ''

Au contraire cela a une très grande valeur mais que tu ne peux mesurer qu'à long terme socialement et économiquement . La musique fait partie de la culture et est un bien public, le financement de l'État est donc requis mais déjà là...

Le problème ? Il en est un d'offre trop élevée s'il faut répartir la tarte en trop de parts, ce n'est pas possible.

Puis cela n'a jamais été facile être artiste.

http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr ... -lelievre/


Un artiste réputé comme Sylvain Lelièvre ce n'est pas surtout en enseignant dans un cégep qu'il a gagné sa vie ?

Pareil pour écrire un livre, Brunet ne se mettera pas riche avec cela.

Des artistes en plusieurs genres : enseignants, travaillant dans une banque ou même agent d'assurances.

L'enseignant peut recevoir de l'argent de son travail de création artistique bien il se paye un voyage avec, donc vraiment pas pour payer les comptes. La demande n'est pas assez là.

Si tu veux gagner ta vie avec l'art tu dois être archi prolifique pour dire un autre mot que productif. Tu es dans ta niche ? Tu dois faire faire partie du top mondial. Tu es top au Québec dans une niche archi pointue ? Travailles-tu à l'université ou dans une institution culturelle qui te donne un salaire plus un budget de recherche ?

Ginette Ahier était bonne mais c'est fini. Elle est devenue petite entrepreneure.

https://ici.radio-canada.ca/premiere/em ... ette-ahier


https://ca.linkedin.com/in/ginetteahier


http://adorablechocolat.ca/fr/a-propos/ ... ocolatiers


Prenons le hockey sur glace et féminin en plus. Outre les olympiennes top , les autres ne peuvent pas gagner leur vie avec cela.

Tu as beau avoir un succès d'estime et même des belles critiques d'Alain Brunet c'est pas suffisant.

Comment gagnait et gagne sa vie la harpiste Lucie Gascon ? Bien en se trouvant des contrats.

http://luciegascon.ca/


http://luciegascon.ca/jeunesse/
Va rencontrer les jeunes dans les écoles. Si tu as une passion , tu dois pouvoir la partager ?

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Inscription : 12 juin 2017, 13:42

13 avr. 2018, 11:41

Pour moi ce n'est pas la VRAIE question, tu peux toujours militer pour changer le système ou avoir un syndicat qui te représente toi et ton groupe et c'est NÉCESSAIRE.

Mais la vraie question c'est comment toi l'artiste individuel tu t'adaptes à ton environnement, tu peux aussi être un collectif. Bien sûr avec des sociétés et syndicats qui représentent aussi les intérêts généraux sauf que...

Il n'est pas là, le problème... Même au Québec, vous avez des artistes qui sont bonnes mais qui savent très peu se vendre. Et des plus petites qui ont peur du succès, de quitter leur tribu, de perdre leurs amiEs si elles ont du succès ou tentent trop fort d'en avoir.

La mentalité d'être né pour un petit pain ou encore d'avoir toujours besoin du gouvernement , de l'État pour se faire protéger. Un véritable artiste est dans la transgression et ne veut pas de protection. Métaphoriquement parlant et c'est toujours une question de degré.

Comme b.aiser sans capote ! C'est une métaphore pas la réalité... C'est OSER, prendre des risques , se mettre à nu.

Quand tu as établi que tu es VRAIMENT un artiste là tu CRÉES tes propres règles, tes propres loi et tu les suis avec discipline.

Ne donnons pas un lien vers André Moreau revenons à Nietzsche dont la substance est plus présente, les 3 métamorphoses.

https://fr.wikisource.org/wiki/Ainsi_pa ... amorphoses


Le véritable artiste est rendu ''enfant''.

'' L’enfant est innocence et oubli, un renouveau et un jeu, une roue qui roule sur elle-même, un premier mouvement, une sainte affirmation.

Oui, pour le jeu divin de la création, ô mes frères, il faut une sainte affirmation : l’esprit veut maintenant sa propre volonté, celui qui a perdu le monde veut gagner son propre monde. ''

Quand tes artistes sont un gang de moutons ou juste en phase chameau bien ils ne peuvent pas réussir. Et la véritable réussite ce doit être leur vie entière.

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chibougue
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14 avr. 2018, 12:07

pezzz a écrit :
10 avr. 2018, 18:22
C'est pas seulement la musique, mais la culture en général. Du moment que l'Art est considéré comme un bien marchand comme un autre (ce qui est le cas dans un système capitaliste libéralisé comme le nôtre), faut pas brailler sur le sort de la culture.

De toutes les époques, l'Art avec un grand A a toujours été le fait de l'aristocratie, isolé de la masse et hors des sentiers de l'économie. C'est de cette façon que l'Art conservait sa "grandeur"...du moment que tu l'inclues dans le marché, la loi de la masse va prévaloir, et par définition, la loi de la masse c'est...la médiocrité.

Enfin...
Assez d'accord avec ce que Pezzz souligne. C'est pourquoi je pense que, quand vient le moment de parler culture, on ne peut s'en remettre qu'aux lois du marché. L'État a son rôle a jouer dans la protection et la valorisation des artistes, de leurs oeuvres.

Pas encore lu le bouquin d'Alain (que je me suis commandé) mais je crois que je serais d'accord avec les pistes de solution qu'il semble proposer.

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14 avr. 2018, 16:42

En économie la culture fait partie des biens publics et des externalités positives.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bien_public


La culture at large parce qu'à ton concert tu as un dimension bien privé.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Externalit%C3%A9


L'intervention de l'État doit se justifier par cela mais c'est difficile à chiffrer. Les études de retombées économiques te donnent des chiffres mais sont une fraude intellectuelle aux yeux des économistes néoclassiques.

L'État doit mettre de l'argent mais combien et où ?

Pour décider à la place du marché, ils sont souvent pires.

Pour la réglementation ? Souvent inefficace, tu obtiens l'inverse de ce que tu recherches.

Qui reçoit trop d'argent ? Les gros Festivals. Ceux de Montréal et celui de Québec aussi.

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14 avr. 2018, 16:50

Plus de mécénat mais c'est comme Excentris si ton Daniel Langlois se retire et que tu ne trouves pas un autre multi-millionnaire pour faire du potlatch, ton lieu est condamné à moins que les usagers deviennent des donateurs et bénévoles et encore.

Pensez-vous ? Non, ils vont au cinéma là, cela coûte moins cher que la salle commerciale.

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15 avr. 2018, 11:16

L'intervention de l'État doit se justifier par cela mais c'est difficile à chiffrer.
Is it, really?

J'en avais déjà parlé sur le blogue de Brunet. À mon avis, une des meilleures solutions c'est d'assumer carrément -au niveau social, étatique- que la culture doit avoir un budget défini et incompressible (pas de sacrifice au nom de la Santé, Éducation, en temps de crise, etc..) par exemple en fonction d'un pourcentage précis du budget total. Que ça donne 50M ou 1B n'a pas d'importance comme tel, c'est de l'assumer socialement et accepter de payer pour, de manière à établir une certaine stabilité.
Autre chose; l'enveloppe budgétaire devrait, à mon avis, être distribuée de manière aléatoire. Sans sélection (fatalement biaisée, discutable et douteuse) mais carrément au hasard, avec seulement une certaine structure pour éviter les abus ou contournement de l'esprit de base.

Ça n'a pas besoin d'être plus compliqué que cela. Pas de gniaisage de taxes spéciales ou s'accrocher sur les mollets des fournisseurs internet ou des Apple de ce monde...

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15 avr. 2018, 12:20

@jon8 11h16.

Intéressant là ici vous allez plus dans l'esprit ''libéral'' et des libertés individuelles. Ce n'est pas à l'État de décider mais au peuple et au marché mais pas comme une boîte de soupe mais non on est dans l'art.

Oui disons ce qui peut être le débat le plus important ? Le pourcentage du budget alloué à la culture.

Étant formé à l'école libérale néoclassique en économie : les prix unique du livre, les quotas de musique franco à la radio, toutes ces mesures là de réglementation au final nuisent plus qu'elles aident à l'art.

Au Québec aussi il y a trop de copinage politique et oui trop de pensée unique même si ce sont les chantres des radios conservatrices de Québec qui le disent. Sauf qu'il faut distinguer la non-pensée ou l'esprit de bottine ( Richard Martineau en fait énormément ).

Il faut distinguer cela d'un réel penseur comme notre ex-prof de philo Michel Morin, bien sûr, il y en a plusieurs autres mais lui dès 1970 lors de la Nuit de la Poésie avec son groupe de jeunes intellos, il faisait bande à part.

Éric Duhaime ? Il n'est qu'un démagogue sans envergure. À côté de lui des amuseurs publics comme Roger Drolet, Gilles Gagné ou André Moreau jovialiste étaient plus crédibles. Ou en affaires publiques Pierre Pascau mais que j'écoutais peu, connaissant juste sa voix, j'étais à l'école.

Les artistes demandaient 1% dans le temps...

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15 avr. 2018, 12:43

Comment distribuer ton 1% ? Le Festival de Jazz est rendu trop gros le FIJM et c'est loin d'être que du jazz. Il est essentiel qu'il soit subventionné et les Francofolies aussi mais les promoteurs avec la fausse méthodes des retombées économiques font croire que plus c'est gros, plus c'est rentable. Bien non c'est ta méthode qui voit des effets multiplicateurs à toutes les dépenses gouvernementales. Très bonne manière de justifier un gouffre financier, je ne dis pas qu'eux le sont mais sont surfinancés.

Et le Festival d'Été de Québec ? Un méchant deal pour les fans de show d'arénas... Mais culturellement l'apport peut être limité... Mais ce n'est pas juste la culture un festival, c'est la fête, l'esprit d'appartenance et tout dans ta collectivité.

C'est comme dans des municipalités, le cinéma en plein air pour les enfants, ils montrent des films populaires américains. Je metterais à l'affiche plus de cinéma d'ici et de France mais ils veulent du monde.

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Pour moi l'État prend trop de place mais en ne mettant pas assez d'argent.

C'est comme dans d'autres domaines. Allez le domaine forestier sur des terres de la Couronne.

Le rôle principal de l'État ? Cela devrait être au niveau des droits de coupe. Le reste ? Le moins possible. Oui du financement pour la R& D mais pas mettre des bois dans les roues.

Ce qu'ils font allègrement ici au Québec ou encore conseillent mal des jeunes entrepreneurs qui vont se casser la gueule.

L'État et les fonctionnaires même formés sont poches en commerce.

Pour le domaine de la musique ? Le hic c'est qu'il n'existe plus des Jacques Canetti :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Canetti


Un commercial et qui connaît le fonctionnement des choses mais qui aime les artistes pour de vrai et qui au final est lui aussi un artiste.

On se rapproche un peu du hasard ? Pas d'études de marché, tu fonctionnes à l'instinct. Cela ne pogne pas tout de suite ? Il faut persévérer. Le matraquage tu le fais mais avec de la qualité et de temps en temps tu donnes au public son nanane facile. Pour pas qu'ils t'abandonnent.

Tu éduques le public , un artiste doit être imposé et s'imposer. Et le public devenir en nombre suffisant et reconnaître le génie. Sauf que cela prend tu temps et de la patience. Les multinationales et autres firmes cotées en bourse ne l'ont pas.

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15 avr. 2018, 15:14

Ce n'est pas à l'État de décider mais au peuple et au marché
Fondamentalement, l'État se doit d'intervenir là où l'individualité agit au détriment de la collectivité et, ultimement, de son propre bien... pourtant individuel.

C'est puissant, l'égoïsme. Et aussi inévitable. Faut simplement se donner les moyens d'éviter les dégâts irréversibles.

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15 avr. 2018, 15:19

Comment distribuer ton 1% ?
Le problème dans la distribution arbitraire c'est que ça abouti en confrontation ''succès populaire'' V.S. ''succès critique''. La masse V.S. ''les élites''.

Cul-de-sac.

Dans l'absolu, aucun n'aura jamais raison sur ce qui est le plus important ou pertinent. D'où l'intérêt de la loterie.

Pour le reste, la loi des statistiques fera que le snapshot sur 100 ans de ce système sera très représentatif de notre société. En fait, plus que n'importe quel autre système possible.

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15 avr. 2018, 15:52

Qui sont les ministres présentement en charge de la culture ?

https://www.mcc.gouv.qc.ca/


Marie Montpetit, je savais qu'elle était PLQ mais bon à se rappeler.

https://pm.gc.ca/fra/ministre/lhonorable-melanie-joly


Au fédéral, ils mettent tout cela au Patrimoine ? Avec Mélanie Joly.

Tu ne veux pas au cabinet trop gros mais cela englobe plein de choses.

https://pm.gc.ca/fra/lettre-de-mandat-d ... e-canadien


'' En tant que ministre du Patrimoine canadien, votre objectif primordial sera d’exécuter le plan de notre gouvernement de renforcer nos industries de la culture et de la création. Notre secteur culturel est une énorme source de stimulation de l’économie canadienne. Les grandes histoires du Canada, modelées par notre immense diversité, méritent d’être célébrées et partagées avec le monde entier. Notre plan vise à protéger nos institutions nationales importantes, préserver nos langues officielles, promouvoir les industries qui reflètent notre identité unique à titre de Canadiens et fournir des emplois et des opportunités économiques dans nos secteurs de la culture et de la création.''

En partant c'est assez peu les bonnes raisons juste en partie. On voit le clientélisme, l'achat de votes.

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15 avr. 2018, 15:58

Le politique intervient mais dans ses propres, c'est comme la théorie de l'agence en finance.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9o ... l%27agence


Elle s'applique là aussi.

Il faut une transparence, une reddition de comptes mais malheureusement les élus travaillent pour leur réélection ou autres intérêts et la bureaucratie dans les siens. Cela ne veut pas dire que les fonctionnaires ne sont pas des bonnes personnes mais ni mieux ni pires qu'au privé.